L’Africain – J.M.G. Le Clézio


L’Africain – J.M.G. Le Clézio
Mercure de France, collection Traits et portraits
2004, 107 pages


« Tout être humain est le résultat d’un père et une mère. »


Je n’ai jamais lu un roman de Le Clézio parce que ses histoires ne semblent pas entrer dans mon champ d’intérêts. En revanche, après la rencontre avec Colette Fellous fin juin, j’avais été intriguée par les propos de l’écrivain-éditrice. Cette dernière indiquait que l’écriture de ce livre avait « transformé » l’auteur. J’avais donc très envie de le découvrir par ce biais de l’écriture non fictionnelle, de faire connaissance avec l’homme quitte à lire l’auteur plus tard.

Or je ne sais que penser de cette rencontre. D'un côté, on devine qu'écrire ce livre a été important pour lui ; qu’il avait besoin de coucher ces mots sur le papier, de mettre de l’ordre dans ses pensées. D'un autre, je suis restée « en dehors » de l'histoire. J'ai eu le sentiment que l'auteur écrivait pour lui-même et que je n'avais rien à faire là. Non que Le Clézio se lance dans des confidences impudiques, ni qu’il s’auto-psychanalyse mais son récit est quand même très personnel. Cette recherche de la figure du père (et je n’ai pu m’empêcher de penser à Paul Auster dans L’invention de la solitude, encore un livre qui m’a laissée sur le bas-côté) m’a paru intéressante… pour l’auteur. C’est le problème des livres intimes.

Il n'en reste pas moins que son propos sur une Afrique disparue est intéressant. Il n’a pas été élevé dans un esprit « Afrique coloniale » et on sent que ce continent fait partie de lui. L’histoire de la vie en Afrique de ses parents avant sa naissance est certainement ce qui m’a le plus intéressée. En effet, leurs périples pour aller de villages en villages (le père de Le Clézio était médecin et couvrait une zone étendue que même les autorités ne connaissaient pas vraiment), leur vie dans un continent certes colonisé mais dont ils se tenaient à l’écart rappellent le paradis perdu.

Un dernier regret : contrairement à Andrélie, le premier livre que j’avais lu dans cette collection, les photos ne sont pas correctement insérées par rapport au texte et, surtout, elles ne sont pas légendées. Il faut se référer à la table des illustrations en fin d'ouvrage pour trouver ces dernières (chose que j'ai découverte... à la fin).

Je ne sais toujours pas si je lirai un jour Le Clézio romancier. Il est fort probable que j'aurais été plus réceptive si j'avais déjà lu cet écrivain. Ce livre aurait pu m'apporter une vision différente de celle de ses romans quand je suis partie de rien...


« Si mon père était devenu l’Africain, par la force de sa destinée, moi, je puis penser à ma mère africaine, celle qui m’a embrassé et nourri à l’instant où j’ai été conçu, à l’instant où je suis né. »


Provenance : bibliothèque

4 commentaires:

  1. Après une ou deux nouvelles de lui, j'ai laissé, en revanche j'ai dévoré cet Africain, qui me parlait plus (eh oui, ça compte!). Sans doute en resterai je là avec La Clézio, d'ailleurs.

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    1. On m'a recommandé depuis un bon moment "Désert" (un roman, il me semble) donc je verrai si je le retente.

      Comme je l'écris dans mon billet, je crois qu'effectivement il faut trouver une résonance personnelle pour adhérer sous peine d'avoir le sentiment de lire quelque chose de trop intime et qui ne me concerne pas. En tout cas, j'ai visiblement du mal avec ce genre de quête.
      Le dernier Auster serait une sorte de pendant à "L'invention de la solitude" mais dédié à sa mère cette fois : on va voir si ça passe (je me le réserve pour noël aussi finalement car pas eu le temps avant).

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  2. Ton sentiment que l'auteur a plutôt écrit pour lui m'éloigne de ce livre : j'avais eu le même sentiment désagréable avec Bouquiner d'Annie François et n'ai pas envie de recommencer l'expérience. Je garde plutôt Andrélie en tête et feuilletterai celui-ci pour voir s'il semble me parler ou non (ce n'est pas un thème sur lequel je pense avoir déjà lu et ne sais pas du tout comment j'y réagirais)

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    1. C'est quand même très différent du livre d'Annie François. Je crois qu'en l'espèce, il faut être capable de s'intéresser profondément à la vie de l'auteur pour ne pas se sentir "de trop". Je me rends compte qu'en matière d'écrire de l'intime, je n'ai aucun problème avec les journaux de Charles Juliet donc j'imagine que dans ce genre-là, il faut avoir un minimum de préoccupations communes avec l'auteur. Simples hypothèses et, en tout état de cause, "Andrélie" est une très bonne pioche à mon sens.

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