Devinettes #1

Voulez-vous savoir ce que je lis en ce moment ? D’accord… mais vous allez devoir travailler un peu à partir des indices fournis.

Je lèverai le voile sur les commentaires laissés sur ce billet dans 48 heures et vous livrerai (sur ce billet) les réponses.


Livre #1
·         Afrique
·         Mois belge
·         Récit
·         Voyage / pèlerinage


Livre #2
·         Australie
·         Incident
·         Enfant
·         Nombreux personnages


Livre #3
·         Mois belge
·         Entreprise
·         Auteur féminin


Livre #4
·         Recueil de deux courts textes
·         Enfance
·         Notre passion
·         Auteur d’un questionnaire célèbre



A vous de jouer si vous le désirez !

Image trouvée sur Pinterest. Absolument pas compris qui en était l'auteur.
Note to self : placer "nouveau cerveau" en #1 sur liste annif.

Les fausses innocences – Armel Job

Les fausses innocences – Armel Job
A Vue d’Oeil (gros caractères), 2005, 273 pages
[édition que j’ai lue / version classique notamment chez Robert Laffont]


« Le samedi soir, le plus souvent, je passe la frontière et je vais à la pension Trost. »


C’est une histoire dépaysante que nous propose Armel Job, du moins pour la Française que je suis et qui ignorait tout du territoire où ce déroule ce récit. En effet, j’ai appris dans un « Avertissement de l’auteur » qu’il existait en Belgique un territoire particulier nommé « Communauté germanophone de Belgique » et dont le passé fut mouvementé.
L’impact sur le roman est à la fois anecdotique et impossible à négliger. Je ne peux en dire plus sans risquer de gâcher les ressorts de l’histoire mais c’est le sentiment final que j’ai ressenti.

C’est un de ces livres où le tempo est tranquille mais où l’on ressent néanmoins la tension liée à la disparition de quelqu’un. L’intrigue se déroule dans une communauté rurale au début des années 60. Certains personnages savent des choses que d’autres ignorent ; on s’imagine un scenario puis un autre, puis on ne sait plus. On devine que le drame puise ses racines en profondeur tout en restant dans le flou le plus total.
En surface, la narration n’a rien à voir avec ces romans formatés pour être des page-turners : pas d’effets de manche mais d’un côté un narrateur qui croit savoir et ne veut pas savoir en même temps mais essaie de comprendre quand même (et le lecteur est un peu comme lui) et de l’autre la principale intéressée qui a des airs de veuve peu convaincante.

Le premier narrateur, Roger Müller, est le bourgmestre de Niederfeld. Le disparu, c’est le docteur Stembert, un homme que Roger n’a jamais aimé car Stembert a épousé la belle Mathilda. Or Roger aime Mathilda depuis l’adolescence.
Lorsque Mathilda, l’autre narratrice, vient déclarer le décès accidentel de son mari en Allemagne de l’Est, Roger sait qu’elle ment.
La 4ème (un peu bavarde) précise que Roger est tiraillé entre son devoir d’élu qui exigerait une enquête (personne n’a vu le corps du docteur) et son amour pour Mathilda qui, au contraire, l’inciterait à enterrer l’affaire. Ce n’est pas tout à fait exact. En effet, dès le départ, Roger n’a aucunement l’intention de mettre Mathilda dans l’embarras et fait tout pour l’aider en douce chaque fois qu’un obstacle se présente. Toutefois, sachant qu’elle ment, il essaie de comprendre le déroulement des faits : comment Mathilda a-t-elle pu tuer son mari, qui plus est ni vue ni connue ?

Si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, je n’ai plus pu lâcher le livre par la suite. La 4ème fait référence à Hitchcock et, même si je ne suis pas une spécialiste, la comparaison ne me semble pas usurpée. Le titre est également bien trouvé.
La progression de l’intrigue conduit le lecteur vers une fin à la fois logique et inattendue : c’est vraiment réussi, tout comme l’ensemble du roman que je recommande.


Participation au Mois belge d’Anne et Mina.


Provenance : bibliothèque

L’ange et le cachalot – Simon Leys

L’ange et le cachalot – Simon Leys
Points Essais, 2002, 207 pages


Ce recueil d’essais peut sembler hétéroclite si ce n’est incohérent ; je dirais plutôt qu’il est éclectique. Cette caractéristique se traduit d’ailleurs par le titre de l’ouvrage qui s’inspire de propos de Chesterton. En résumé, associer anges et petites fleurs des champs dénote une limitation de l’esprit quand rapprocher anges et cachalots nécessite « une vision assez sérieuse de l’univers. »

Ainsi, ce recueil a beau aborder des sujets très divers, un certain fil conducteur finit toujours par apparaître. Il peut être plus ou moins marqué selon les articles mais cela suffit pour ne pas donner le sentiment de lire un ouvrage sans queue ni tête.
Un résumé simplifié pourrait souligner quelques traits communs à l’ensemble : le langage, l’écriture, les différences culturelles et tout ce qu’implique l’univers de la traduction.

L’ouvrage est découpé en trois parties : « Chine », « Littérature » et « Traduction (théorie et pratique) ». Le premier sujet peut paraître complètement hors-propos et ne viser qu’à assouvir un plaisir égoïste (Simon Leys est sinologue). Or j’ai noté que chaque partie comportait à un moment ou à un autre au moins une référence à la Chine sans que celle-ci ne soit jamais pour autant hors-sujet.
La partie spécifiquement dédiée à la Chine évoque Confucius puis la calligraphie et, à travers cela, les différences de civilisations avec l’Occident.
Dans la seconde partie, l’auteur s’intéresse à cinq écrivains séparément (Balzac, Simenon, Malraux, Lawrence d’Australie – il n’y a pas d’erreur, et Evelyn Waugh). Aucun de ces auteurs ne figure dans mon panthéon et pourtant j’ai aimé chaque « étude » à l’exception de la dernière, mon « rejet » de Waugh ne pouvant s’acclimater à l’admiration de Leys pour celui-ci. « Littérature » comprend à l’occasion des références à la Chine et à la traduction.
En parlant de ce dernier sujet, je dois avouer que je me suis sentie un peu frustrée. En effet, un seul article est dédié aux questions théoriques. Les deux suivants sont des traductions de Simon Leys. Enfin, le dernier texte est la reprise de la préface qu’il avait rédigé pour un ouvrage traduit par ses soins et dont j’ai entendu parler il n’y a que quelques mois de cela par Charles Juliet (il est partout, je sais… Et pour les curieux, le livre en question est Deux années sur le gaillard d’avant de Richard Henry Dana).


Ce recueil est passionnant, éreintant aussi parfois car il demande une certaine gymnastique intellectuelle que, malheureusement, nombre de mes lectures n’exigent pas. Mais quel plaisir d’avoir le cerveau qui bouillonne, de corner allègrement quantité de pages, d’écrire un peu partout dans le livre !

Si vous êtes touche-à-tout, que la langue vous fascine, que le brassage d’idées et les parallèles vous stimulent, alors ce livre peut être l’occasion de découvrir Simon Leys ou de renouer/poursuivre votre relation avec cet auteur.


Participation au Mois belge d’Anne et Mina.


Provenance : PAL